CHRISTO

"L'oeuvre d'art, c'est ce qui ne sert à rien." (Christo Vladimiroff Javacheff )



Christo et Jeanne-Claude
, communément Christo, est le nom d'artiste sous lequel est connue l'œuvre commune de Christo Vladimiroff Javacheff (né le
13 juin 1935 à Gabrovo en Bulgarie) et de Jeanne-Claude Denat de Guillebon (née également le 13 juin 1935 à Casablanca au Maroc)


Ce couple d'
artistes contemporains (qui emballe la géographie et l'histoire) s'est rendu célèbre par ses objets empaquetés. Naturalisés américains, ils vivent à New York dans le quartier de SoHo.

 

Christo Javacheff est né à Gabrovo, en Bulgarie, le 13 juin 1935. Son enfance est inconnue.Pendant ses études aux Beaux-Arts de Sofia (1953-1956). Le père de Christo possédait une usine de produits chimiques et sa mère était secrétaire générale de l’Académie des Beaux-Arts de Sofia jusqu’en 1931.
Sa mère avait fui la Macédoine en 1913. La famille de Christo a beaucoup servi de refuge à des artistes et des amis fuyants les bombardements des villes par les Alliés.
Au nombre des souvenirs d’enfance de Christo figurent aussi les corps de partisans exécutés dans les rues et l’entrée de l’Armée Rouge en Bulgarie en 1944.
Le père de Christo a été harcelé et emprisonné par le nouveau régime communiste pour « sabotage ». On peut donc dire que l’enfance de Christo a été assez rude et qu’elle a sûrement eu un impact important sur l’artiste.
Très tôt il eut des contacts avec l’art. Â l’âge de 6 ans, il fit des portraits de nombreuses femmes du village.
En 1953, il débuta sa formation artistique aux Beaux Arts de Sofia où il étudia la peinture, la sculpture et l’architecture jusqu’en 1956. Il est chargé, par le pouvoir en place, d'aménager les abords du train Orient-Express pour donner, aux passagers occidentaux, une image riante de la Bulgarie.
Cependant, en raison de la forte propagande du régime, seuls les vrais partisans du communisme pouvaient accéder au diplôme, ce que Christo n’était pas. En effet, Christo défiait le système en peignant des toiles allant à l’encontre de l’idéologie (comme des paysans se reposant). Il eut donc quelques ennuis avec le Réalisme Socialiste qui était la norme et qui imposait un traitement marxiste-léniniste des sujets comme du style. Autant dire que la création était très étroite.
Il décide en 1956 de fuir à
Vienne.

Ensuite il s’installe à Paris en 1958 et côtoie le groupe des nouveaux réalistes en 1963. Ses premières œuvres sont des peintures abstraites et des empaquetages d’objets (bouteilles, bidons, cartons, tables, etc.) ou de modèles vivants dans de la toile ou du plastique.


Jeanne-Claude Denat de Guillebon
, est française. Elle est née à Casablanca au Maroc le 13 juin 1935 — Christo et elle seraient nés le même jour à la même heure. Elle passe son baccalauréat de philosophie en 1952 à Tunis.

Mari et femme, ils se rencontrent en 1958, année qui marque le début de leur collaboration artistique mutuelle. Christo est plutôt l'artiste, et Jeanne-Claude l'organisatrice : « Les réalisations destinées à l'extérieur sont signées par Christo et Jeanne-Claude, les dessins par Christo ».

Après avoir émigré aux États-Unis en 1964, ils commencent à réaliser des projets de grande envergure, intervenant de façon directe et éphémère sur des édifices, des monuments ou des paysages entiers.


Ils utilisent le tissu pour créer des œuvres éphémères en « emballant » des paysages, des monuments, des lieux. Ils pratiquent ensemble le land art (ils entendent intervenir sur des lieux naturels, dans le « Révéler en cachant ».

Les Christo réalisent un travail de Titan grandiose, monumental et éphémère, c’est ceci qui marque aussi leur originalité, prendre autant de temps uniquement pour un résultat qui ne durera qu'un court laps de temps.

Selon Albert Elsen, « aucun artiste de l’histoire n’a passé autant de temps à voyager pour se présenter lui-même ainsi que son œuvre. Le succès de ses projets auprès du public […] est dû pour une part non négligeable à sa facilité de contact et à ses dons naturels de pédagogue. Il fut le premier créateur à étudier de lui-même l’impact tant humain qu’environnemental de ses projets. La plupart des artistes pensent que l’éducation du public prend trop de temps au détriment de leur travail. Pour Christo, « l’interactivité verbale avec le public » fait partie intégrante de sa créativité.Toujours selon lui, « son art est le résultat d’une réflexion et d’une intuition esthétique imposée à un environnement naturel et construit ».
Pour certains, l’œuvre de Christo ne peut être comprise que lorsqu’on se retrouve face à l’œuvre et que l’on se rend compte de son impact. Pour les Christo, leur œuvre est faite pour impressionner le public et donner de nouvelles visions ainsi qu’un cri de liberté.
Quand un monument est emballé, il recouvre une toute autre forme, une toute autre identité, un tout autre prestige : on ne le reconnaît plus. Les Christo recherchent une vision populaire, une popularité de leur art. En effet, les Christo ont beaucoup attiré l’attention du public quel qu’il soit.

Il est vrai qu’au début, les Christo sont beaucoup critiqués, d’ailleurs par d’autres artistes et par les médias, affirmant que leur travail n’est pas de l’art. Cependant, au fur du temps, les médias ont été de puissants alliés de Christo. Pour beaucoup, Christo a un talent promotionnel de communication, « la présentation d’un projet par Christo, un entretien avec Christo sont aussi des créations artistiques ».
Christo est avant tout un ingénieur et un entrepreneur, réalisant des projets de plus en plus fous et de plus en plus techniques alors qu’il n’a aucune formation dans le génie civil. L’œuvre de Christo c’est aussi l’art de travailler en équipe avec de grands moyens. Toute l’organisation et la logistique des ses œuvres font partie intégrante de son art.
Aussi n’oublions pas toutes les démarches mises en œuvres pour pouvoir réaliser chaque projet, représentant des années d’investigations et des centaines de désistements et d’abandons. Comme le disait Marina Vaisey, «sa méthode est inséparable de son art ».



De plus, l’œuvre de Christo est éphémère ce qui pose le problème de la mémoire car uniquement les médias et les spectateurs peuvent immortaliser la création, cependant, ce n’est pas durable et donc difficilement éternel.
Cependant pour Christo « l'urgence d'être vu est d'autant plus grande que demain tout aura disparu…Personne ne peut acheter ces œuvres, personne ne peut les posséder, personne ne peut les commercialiser, personne ne peut vendre des billets pour les voir…Notre travail parle de liberté ».
L’art de Christo est la création de magnifiques objets temporaires de grande échelle conçus pour des sites extérieurs spécifiques. Il pense que les gens doivent avoir la possibilité de vivre de expériences artistiques intenses et mémorables en dehors des musées.

L’art de Christo n’illustre pas un message mais une majestueuse façon de se vendre par l’intermédiaire des médias. Sur le plan esthétique, les Christo croient en la séduction d’une création sans signification qui aille au-delà de l’objet lui-même, implique une indifférence aux conceptions qui attribuent à l’art un rôle (social, politique, économique, environnemental, moral ou philosophique) qui irait au-delà de lui-même.
En d’autres termes, si les Christo se satisfont d’une œuvre d’art qui « est » plutôt que qui « signifie », ne se placent-il pas du même coup dans le camp des partisans de l’art pour l’art ? Si l’on peut trouver chez les Christo quelques convictions issues de la théorie de l’art pour l’art, leur forme de sensibilité de la société n’exclut pas les non-connaisseurs, mais au contraire insiste toujours sur le plaisir que pourra ressentir l’homme de la rue.

L’art aujourd’hui joue de l’information, la propagande, la publicité, l’emballage et la présentation, ce qui représente exactement l’œuvre de Christo. En effet, pour Marina Vaizey « il a appliqué les méthodes du capitalisme démocratique à la fabrication de l’art ». Ce qui peut résumer l'ouvrage de Christo c’est : révéler en cachant.
En effet, son œuvre est bien de l’art car ses installations et ses créations n’ont d’autre but que de faire beau. Les œuvres de Christo sont avant tout esthétiques et belles à regarder. Elles n’ont aucune fonction et aucun message à passer, cependant c’est de l’art au même titre que la technique (techné). L’œuvre de Christo est belle par la complexité de sa simplicité.
(Source wikipédia)